REFERENCE 147
(Leçons de Saint-Jean-d'Acre p.139-140 : Extrait du chapitre XXXIII : Le Retour)
Ils demandèrent : « Jean-Baptiste, es-tu
Elie ? » Il répondit : « Non » ; bien qu’il soit
dit dans l’Evangile que Jean-Baptiste était l’Elie promis, et que
le Christ également l’ait dit clairement. Donc, si Jean était
Elie, pourquoi le nia-t-il et s’il ne l’était pas, comment le Christ
l’affirma-t-il ?
C’est que, dans ce cas, il ne faut pas considérer
la personne, mais bien la réalité des perfections ; C’est-à-dire
que ces perfections , qui se rencontraient dans Elie, existaient de la
même façon chez Jean-Baptiste. Donc, Jean-Baptiste était
l’Elie promis : dans ce cas, on ne doit pas regarder l’essence, mais bien
les qualités. Ainsi, l’an dernier, il y avait une fleur ; cette
année aussi cette fleur est venue ; moi je dis que la fleur de l’an
dernier est revenue. Je ne veux pas dire que cette même fleur, dans
sa propre individualité, soit exactement revenue ; mais comme cette
fleur possède les qualités de celle de l’an dernier, qu’elle
a le même parfum, la même délicatesse, la même
couleur, la même forme, on dit que la fleur de l’an dernier est revenue,
et que celle-ci est celle-là. Quand le printemps arrive, on dit
que le printemps de l’an dernier revient ; car ce qui se trouvait au printemps
dernier existe encore à celui-ci . C’est pour cela que le Christ
disait : « Tout ce qui est arrivé au temps des prophètes
antérieurs, vous le verrez. »
Donnons une autre explication : la graine de l’an dernier
a été semée : des branches et des feuilles ont poussé,
des fleurs et des fruits sont apparus et cela aboutit encore à la
graine. Lorsqu’on sèmera cette seconde graine, un arbre viendra,
et de nouveau ces feuilles, ces fleurs, ces branches, ces fruits reviendront
et un nouvel arbre apparaîtra. Comme nous retrouvons cette année
la graine de l’an passé, nous disons que la première est
aussi la seconde et que la graine est revenue. Si nous considérons
la matière de l’arbre, la matière est différente ;
mais si nous considérons les fleurs, les feuilles, les fruits, c’est
le même parfum, le même goût, la même douceur.
Donc ces perfections de l’arbre sont revenues une seconde fois. De même,
si nous regardons la personne [du prophète], c’est une autre personne
: mais si nous considérons les qualités et les perfections,
les mêmes perfections et qualités sont revenues.
Donc quand le Christ disait : « C’est Elie »,
cela voulait dire : cet homme est l’apparition de la bonté, des
perfections, du caractère, des qualités et des vertus d’Elie.
Et Jean-Baptiste pouvait dire : « Je ne suis pas Elie. » Le
Christ regardait les qualités, les perfections, le caractère,
les vertus de tous les deux, tandis que Jean considérait son être
physique et sa personnalité. C’est comme ce flambeau qui était
là hier soir : il éclaire aussi ce soir, et demain soir,
de même il brillera. Nous disons que le flambeau de ce soir est la
même lumière que celle d’hier soir, et qu’elle est revenue.
Il s’agit de la lumière, non de l’huile, de la mèche, ou
du chandelier.
Et cette explication se trouve développée
et détaillée dans le Livre de la Certitude .
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